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L'Université de Corse et la formation des élites au XVIIIe siècle

 
Présentation de l'exposition

Cette exposition vise principalement à retracer l'histoire de la première université de Corse voulue par Pascal Paoli qui souhaitait en faire un élément fondateur du jeune État national. Elle correspondait aussi à l'attente d'une jeunesse ardente et assoiffée de savoir qui jusque là était obligée d'aller acquérir en Italie la formation universitaire qu'elle ne pouvait recevoir dans l'île. La disparition de cette université en 1768 va ouvrir la voie à une longue revendication qui ne sera satisfaite que deux siècles plus tard.

En effet, la création, en 1961, de l'Union nationale des étudiants corses (U.N.E.C.) par Dominique Alfonsi, relance l'exigence universitaire avant que les conséquences indirectes de mai 1968, le positionnement de nombre d'élus insulaires, le réveil du régionalisme puis de l'autonomisme et les débuts du Riacquistu ne lui donnent une impulsion décisive. Cette fois, la revendication est conduite et par des hommes politiques et par un vaste mouvement d'opinion, marqué par de nombreuses manifestations populaires. Les étudiants et les universitaires corses du Continent, à l'image de Fernand Ettori, ne sont pas en reste et continuent de s'investir largement; à l'été 1973, la tenue de la première Università d'estate di Corti témoigne de la vigueur et du sérieux de l'action de l'ensemble des partisans de l'université. Mais, entre-temps, le centre de gravité de la contestation se déplace peu à peu de Paris à Marseille, à Aix-en-Provence et surtout à Nice.

Les oppositions, pourtant, ne manquent pas. À Paris d'abord, au sein des gouvernements successifs qui n'estiment pas devoir doter la Corse d'un établissement d'enseignement supérieur, on va longtemps différer. Depuis 1957, la mise en place du Plan d'action régional n'envisage d'autre avenir pour la Corse que celui d'une terre vouée au tourisme et à l'agriculture spéculative. À Nice ensuite, où l'université locale n'apprécie guère la perspective de perdre les nombreux inscrits originaires de l'île ; probablement entre 2000 et 3000 étudiants au début des années 1970. En Corse enfin, où d'aucuns n'hésitent pas à assimiler la demande de réouverture de l'université à une réminiscence de l'irrédentisme ou à une démarche saugrenue! Mais, un sondage SOFRES réalisé en 1974, indique que 90 % des personnes interrogées se déclarent favorables à l'ouverture d'une université en Corse, indiquant clairement par là même le caractère passéiste des positions de certains. D'autres oppositions se font jour au moment de décider du lieu d'implantation de la future institution. Le choix de Corte s'impose bientôt face à Ajaccio et à Bastia, décision elle aussi largement soutenue par l'opinion publique insulaire.

Le 25 novembre 1975 paraît le décret n° 75-1027 créant officiellement une université en Corse ; les autorités néanmoins tergiversent encore avant que, le 26 octobre 1981, l'université de Corse ne rouvre ses portes aux premiers étudiants après plus de deux siècles. Une page se tourne, une nouvelle est en train de s'écrire.

Fiche technique

Une exposition de l'Université de Corse Pasquale Paoli réalisée sous la direction de
Antoine Laurent Serpentini
Professeur à l'université de Corse

avec la participation de
Jean Cancellieri, Professeur à l'université de Corse
Jean-Yves Coppolani, Professeur à l'université de Corse
Eugène F.-X. Gherardi, Maître de conférences à l'université de Corse
Didier Rey, Maître de conférences à l'université de Corse

Remerciements
Archives du ministère des Affaires étrangères
Archives du ministère de la Défense (Vincennes)
Archives départementales de la Corse-du-Sud
Archives départementales de la Haute-Corse
Bibliothèque municipale de Bastia
Bibliothèque Franciscorsa (Bastia)

Louis Belgodere de Bagnaja
Guérin Campana
Alain Piazzola
Jean-Baptiste Ricci
Roccu Multedo
Jacqueline Sauvageot

Exposition réalisée en 2007